Mobilité durable… Délaisser la voiture et l’avion pour privilégier la marche, le vélo, les transports en commun. Agir à son niveau contre le réchauffement climatique. Est-ce facile à mettre en pratique ? L’écomobilité est-elle à la portée de tous ?
2009, je suis une jeune propriétaire. Les abonnements bus et train sont remboursés par mon employeur de l’époque. Je décide de revendre ma voiture pour consacrer le budget auto aux travaux dans la maison. Les années passent, je perds ma maison et mon emploi, mon engagement écologique, lui, se renforce. Ne plus avoir de véhicule s’impose. Courant 2015, je décide de ne plus prendre l’avion. Je n’ai jamais été attirée par les destinations exotiques, lointaines, ça ne me pose donc pas trop de souci.
Une organisation différente
J’apprends à anticiper et mieux organiser mes voyages. Mon rapport au temps a évolué. Je ne vois pas, ou plus, le fait de prendre quelques heures pour chercher et comparer les lignes de train les plus pertinentes pour un futur séjour comme une perte de temps. C’est une organisation différente, qui me permet d’être plus en accord avec mes valeurs.
Mon voyage le plus long avec ce mode de transport a été Bruxelles – Aix-en-Provence. Je me suis lancée un défi pour 2023 : rejoindre le nord de l’Italie en train. J’en reparlerai sur le blog dans quelques mois, avec quelques conseils pour bénéficier de billets à prix avantageux.
Si j’ai facilement abandonné l’avion, est-ce aussi simple pour la voiture ? Oui… et non. Je m’explique.
J’entends depuis des années qu’il faut privilégier les transports en commun. Il faut donner envie aux citoyens de prendre le bus, le métro et le train. Il faut que l’offre soit attractive et qualitative. Dans les faits, on en est loin. La mobilité durable doit devenir une priorité. Il le faut pour préserver la planète et pour alléger le budget de certains ménages.
Une offre de transports en commun qualitative, ça signifie qu’on peut compter sur ces modes de déplacement. La voiture ne s’imposerait plus comme un critère obligatoire à l’embauche pour certaines fonctions.
Je suis actuellement à la recherche d’un emploi. Je suis étonnée par le nombre d’offres où le permis B et une voiture personnelle sont exigés. Ce qui me semble être un non-sens à l’heure où on nous demande de délaisser la voiture.
Des déplacements limités
Autre constat, il est plus facile pour certaines familles d’aller se balader en ville plutôt que dans la nature. Exemple : un couple, avec enfants, ne possède pas de véhicule pour des raisons budgétaires. Ils habitent à Fontaine-l’Évêque, pas très loin de l’abbaye d’Aulne, lieu touristique de la région. C’est dimanche, il fait beau, c’est l’occasion d’aller se promener en famille. La ligne 173 du TEC ne circule pas le dimanche, impossible de se rendre à Landelies. Par contre, il y a 2 métros par heure pour aller jusqu’à Charleroi.
Quand j’habitais à Courcelles, j’avais le choix entre le bus et le train. Je suis allée au jardin botanique de Meise, au nord de Bruxelles, en mai 2021. Je suis partie de chez moi à 7h30 pour arriver à destination à 10h05 : marche + train 1 + train 2 + bus. J’y suis allée en semaine car le week-end, les trajets sont plus longs.
Je viens de déménager dans l’Entre-Sambre-et-Meuse. Il y a des bus, pas de train et le dimanche, le bus vers Namur ne circule pas. J’habite une petite ville, pas dans un village isolé.
Je peux comprendre que de nombreuses personnes ne souhaitent pas se passer de leur voiture pour toutes ces raisons. Si on a de jeunes enfants, si son lieu de travail est difficilement accessible en transports en commun, si on travaille à pause, c’est difficile de ne pas avoir d’auto.
Pour les personnes qui souhaitent franchir le cap, par choix ou par nécessité financière, il faut les aider et faciliter leur transition.
Pour ma part, je vais me remettre tout doucement à la conduite. On m’a proposé de partager une voiture. Ça va peut-être m’aider dans ma recherche d’emploi, si j’ai besoin d’un véhicule 1 ou 2 jours par semaine. Pour les petites courses alimentaires et les loisirs, je vais continuer à privilégier la marche, le vélo et les transports en commun.
Choisir de ne plus voyager en avion a été assez facile pour moi. C’est même une source de stress en moins ! J’aime les longs trajets en train. Je regarde les paysages défiler, je bouquine, je vis en mode slow.
J’ai appris à me déplacer avec les transports en commun wallons. J’anticipe les éventuels retards en partant plus tôt. Je choisis là où je vais me balader en fonction des lignes de bus. Je me rends compte que la société, et les recruteurs, donnent encore énormément d’importance à la voiture.
J’espère que les crises énergétique et climatique vont faire évoluer la situation et les mentalités.
Pour aller plus loin :
« Pourquoi arrêter l’avion ne devrait plus être un débat » – Bon Pote
« Faut-il vivre en ville ou à la campagne pour être écolo » – Bon Pote
« Arrêter ses vices pour préserver la planète, le nouveau kif ? » – RTBF
