Le Martinet est un des vestiges du passé minier de la région. Il est situé sur les communes de Roux et Monceau-sur-Sambre. Le site comprend deux terrils classés comme réserve naturelle et un ancien charbonnage en pleine reconversion. Dimanche matin, la Maison du Tourisme du Pays de Charleroi a organisé une visite de ce lieu riche en histoire et en biodiversité.
| L’ancienne salle des machines |
Notre guide Christophe nous accueille avec l’enthousiasme d’un passionné. Il nous parle du Carbonifère qui remonte à plus de 300 millions d’années et qui doit son nom aux vastes couches de charbon qu’il a laissées. Durant cette période, l’Europe de l’Ouest était située sur un vaste delta avec un climat équatorial. Il y avait des fougères géantes comme le lepidodendron qui pouvait atteindre 40 mètres de haut ou la calamite, une plante fossile très courante chez nous. La faune comprenait des libellules de 75 cm et des blattes de 2 mètres de long !
Christophe explique comment le charbon s’est formé à partir de la dégradation partielle des végétaux dont ces grandes fougères. Il nous montre quelques fossiles, des morceaux de charbon dont la gayette, de la pélite…
| Salle des machines |
L’histoire du Martinet
| Le hangar à locomotives |
Le Puit N°4 Martinet remonte au début du 19e siècle, tandis que la construction du Triage Lavoir Central (TLC) date de 1929. Le TLC du Martinet était l’un des plus importants d’Europe. 10.000 tonnes de charbon étaient extraites par jour en pleine période d’exploitation, dont la moitié constituent aujourd’hui les terrils. La zone industrielle s’étendait sur plus de 50 hectares.
| Dans l’ancien bâtiment des ingénieurs |
Entre 1969 et 1978, la mine, la fabrique à boulets et le TLC ont fermé. De cette industrie, il ne reste aujourd’hui que peu de bâtiments :
- la salle des machines
- la salle des pendus
- la halle d’empaquetage
- le hangar à locomotives
- le bâtiment des ingénieurs
| Salle des pendus |
Le site a été réhabilité et continue sa reconversion. La Manufacture Urbaine a investi un partie de la salle des pendus pour sa production de bière. Un vignoble « Monceau Valley » vient de voir le jour. D’autres projets sont en cours comme l’aménagement de l’ancien hangar à locomotives et la création d’un comptoir de produits locaux.
| Le bassin à schlamms en arrière plan |
Nous arrivons au bassin à schlamms, mot d’origine allemande, qui désigne le résidu de lavage des matières extraites de la mine après décantation.
| Le bassin à Schlamms |
Christophe, également guide nature, nous parle de la biodiversité très riche du Martinet.
| Champignon astrée hygrométrique séché |
Nous entamons l’ascension du terril.
| Mare naturelle au pied du terril |
Les terrils font parties du paysage carolo. Ils se composent de 40% de grès et 60% de pélites. Ils ne sont pas tous accessibles, certains sont privés. Les terrils du Martinet appartiennent à la Ville de Charleroi et le comité de quartier y est très impliqué. Ils sont traversés par le « Sentier des terrils« , le GR412. Très boisés, ils offrent un beau panorama et quelques curiosités dont les dunes noires.
| Vue sur Roux |
| Les dunes noires |
Christophe attire notre attention sur le caméléon des lieux : le criquet à ailes bleues. Quand il se pose, il se fond dans le paysage rocheux. Dès qu’il s’envole, il déploie de magnifiques ailes bleues.
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| Le criquet à ailes bleues |
Il est déjà midi. Nous terminons la descente du terril. Quelle belle matinée intéressante et enrichissante ! Je suis ravie d’en savoir un peu plus sur la passé minier de la région et surtout, ravie d’avoir découvert le site du Martinet. Si vous avez l’occasion de le visiter, n’hésitez pas. Vous pouvez suivre la page Facebook de la Maison du Tourisme du Pays de Charleroi pour connaître les dates des futures visites guidées.
| Une aide précieuse |
