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Mise à nu, mise au vert…

 

On ne cesse de cheminer, d’en apprendre sur soi. Nos idées évoluent, peuvent carrément changer du tout au tout. On tire des leçons des expériences de vie. On essaie de s’améliorer, tout en restant cohérent. À l’inverse, certaines choses demeurent intemporelles : un trait de caractère, une passion, des valeurs…

soleil qui se couche à la campagne avec hautes herbes en avant plan

Je pensais que le plus difficile était derrière moi. La vie est un combat de tous les jours, avec de brèves périodes d’accalmie, de petits instants à savourer. Trouver sa place, se faire une place dans ce monde, en souhaitant rester cohérente et proche de ses valeurs s’avère bien plus compliqué que je ne le pensais.

ciel nuageux fin de journée estivale

J’ai mis du temps à accepter mon côté atypique. Je ne voulais pas entendre parler d’HP, d’hypersensibilité (dont l’hyperesthésie). Haut potentiel, je déteste ce terme d’ailleurs. Ça m’a causé plus de tort que de bien. Je dis que mon cerveau droitest hyperactif, je préfère. Je ne vais pas mentir, quand je l’ai enfin accepté, ça a été un soulagement. J’ai compris que je ne suis pas un cas isolé (une extraterrestre), que j’ai une logique et un fonctionnement différents. J’ai compris que je ne suis pas la seule à avoir un sens aigu de la justice, de l’éthique. J’ai compris pourquoi mon expérience professionnelle s’est mal terminée. Si je ne retrouve pas certaines valeurs, si je ne me sens pas utile, si ce que je fais n’a pas de sens, ça n’ira pas.

Je me suis faite aidée. Encore une fois. Je fais partie de ces personnes qui ont vécu trop de choses, dont beaucoup pas très joyeuses. Si je suis là aujourd’hui, debout, c’est parce que j’ai su rebondir. J’ai énormément travaillé sur moi-même, je me connais beaucoup mieux. Je sais comment je fonctionne et je sais ce dont j’ai besoin pour être bien.

J’ai appris à me sentir bien seule. J’ai découvert comment me ressourcer. J’ai trouvé ce qui m’animait.

Je suis une personne curieuse, touche-à-tout, qui s’émerveille facilement. J’ai besoin d’être dans la nature pour être émerveillée et me ressourcer.

Je sais que mon énergie est précieuse et qu’elle s’épuise bien trop vite, surtout ces derniers temps. Le bruit, les odeurs, une lumière trop forte, les actualités, les grands changements, le manque d’authenticité autour de moi, la violence, la tristesse de mes proches, le déclin de la biodiversité, nos inactions… Plus je sors de ma « bulle », plus je vais vers les autres, plus j’essaie de trouver un emploi en accord avec mes valeurs et mes besoins, plus ça me prend de l’énergie.

Grâce au livre de Sonia Valente « Comment trouver sa place quand on ne rentre dans aucune case. Le guide des multipotentiels dans le monde du travail« , j’ai compris que je ne suis pas insociable mais introvertie. J’aime et j’ai besoin de me ressourcer seule au quotidien pour recharger mes batteries. Je sais que bosser à temps plein dans un « open space » ne me conviendra pas (aussi à cause de mon hypersensibilité).

Je vous conseille vraiment ce livre. Il déculpabilise, répond à certaines questions et propose des exercices et outils intéressants.

hautes herbes dans un champ avec ciel gris bleu à l'arrière

Mes dernières balades nature ont été partagées entre joie et peine. Je souris en voyant un minuscule champignon, la transparence d’une feuille sublimée par le soleil, un bourdon sur un tournesol. Et je ne peux m’empêcher de me dire que tout ça est en train de disparaître. Il y a tant de merveilles autour de nous, la beauté est autour de nous. On reste aveugle. J’ai l’impression que notre monde hyperconnecté, avec un pied de plus en plus grand dans le virtuel, nous a rendu insensible au Vivant.

Perdue, je peux me sentir totalement impuissante. Je passe des heures à essayer de comprendre ce que le monde vit, à chercher des solutions. Je peux pleurer, me mettre en colère, crier à l’injustice rien qu’en regardant le journal télévisé ou un film basé sur une histoire vraie, comme « Au nom de la terre ».

Je ne donne pas de leçons, je ne joue pas les moralisatrices. Personne n’est parfait, moi comprise. Je constate. J’observe. J’écoute. Je me questionne.

Quand je dis qu’une partie de mon cerveau est hyperactive 😅

Ciel nuageux en fin de journée avec arbres en avant plan

Pourquoi cet article aujourd’hui ? Pour 2 raisons.

1. On juge et on stigmatise encore trop vite. J’ai l’impression qu’on accuse de plus en plus les personnes au chômage et à la mutuelle d’être les grands responsables de la dette publique.  Je trouve ça facile (et petit), surtout qu’en parallèle, on ne fait pas grand chose pour améliorer le bien-être au travail et l’épanouissement professionnel. Il y a énormément de personnes en burn-out, en dépression ou qui sont malheureuses dans leur emploi et qui continuent car il y a les enfants, les crédits, etc.

Je suis restée quelques années à la mutuelle. En sortir n’a pas été simple. Je suis actuellement à la recherche d’un emploi et il faut souvent s’accrocher moralement. Les employeurs ne sont pas toujours bienveillants, c’est une réalité ! Le moral et la confiance en soi en prennent un coup. Se reconvertir demande du temps et de la persévérance.

J’entends souvent « et alors le boulot ? » ou on m’envoie des offres d’emploi qui ne me correspondent pas. Ça part d’un bon sentiment mais quand on a connu un burn-out, on voit les choses différemment. On ne veut plus revivre ce qu’on a subit, on veut se sentir utile et on voit dans cette seconde chance l’occasion de faire un travail qui nous correspond et nous tient à cœur. Si on n’est pas passé par là ou si on n’a pas un proche qui est passé par là, ça semble incompréhensible apparemment.

2. Il faut faire en sorte que le passé ne soit plus un frein à son épanouissement personnel. J’ai perdu trop d’années à rester dans le rôle de la victime. La vie est courte et on n’en a qu’une. Les personnes qui nous ont fait du mal ne méritent pas qu’on reste malheureux toute notre vie pour elles. Ça prend du temps et ça ne signifie pas qu’on oublie ou qu’on pardonne. On fait le choix d’avancer en acceptant ce passé douloureux. J’ai compris avec les années qu’on ne sait rien y changer de toute manière. Les fautes, les erreurs ont été commises, on n’a pas le pouvoir de les effacer malheureusement.

ciel bleu avec premier croissant de lune et nuages

Cela fait un moment que je réfléchis et que je travaille sur cet article. Me « mettre à nu » n’est pas dans mes habitudes. On vit tous des situations compliquées à certains moments de notre vie. En parler peut aider d’autres personnes et peut-être les soulager.

Juger, c’est choisir la facilité. Essayer de se mettre à la place de l’autre, de le comprendre, c’est apporter un peu de bienveillance dans notre société 😊

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Les photos qui illustrent cet article ont été prises cet été avec mon Canon 6D Mark II. Ce sont les jpg du boîtier, non modifiés.

Cet article a 2 commentaires

  1. Anonyme

    "Sans nous, petits extraterrestres aux grands cœurs, la vie aurait moins de saveur. Sans nos lunettes à facettes, sans nos âmes-éponges, sans nous, artistes, créatifs, idéalistes, magiciens des temps modernes, le monde serait moins lumineux!"

  2. Dominique

    Très bel article, ce mettre à nu comme tu dis n´est pas facile mais tu en as eu le courage. C´est chouette de découvrir que chacun a notre manière, avec notre histoire, on finit par se rejoindre dans ce qu'on ressent. J´ai passé un bon moment à te lire. Continue ta quête, je pense sincèrement que tu vas arriver à trouver ton équilibre. Belle journée à toi

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