En mai, je délaisse la tondeuse. Je fais un geste pour la biodiversité. Je laisse les fleurs pousser spontanément dans le jardin et j’observe les insectes pollinisateurs se régaler.
Le Vif, en collaboration avec Adalia et GemblouxAgro-Bio Tech, organise pour la 3e année consécutive l’opération « En mai, tonte à l’arrêt« . L’objectif est d’inciter les citoyens, les communes et les entreprises à laisser des surfaces qui ne seront pas tondues durant quelques semaines.
Les participants sont invités à compter le nombre de fleurs présentes sur 1m² dans la zone de non-tonte. Les données encodées fin mai seront utilisées par la faculté Gembloux Agro-Bio Tech pour évaluer l’état de la biodiversité de nos pelouses.
Pourquoi ne pas tondre en mai ?
Quand on tond régulièrement sa pelouse, les fleurs qui poussent spontanément dans nos jardins n’ont pas l’occasion de se développer. Elles sont pourtant une source importante de nourriture pour de nombreux insectes qui en ont particulièrement besoin à cette période de l’année.
La biodiversité est en déclin. On peut lui donner un petit coup de pouce en laissant des zones naturelles dans son jardin. Le pollen et le nectar des fleurs attirent les insectes. Les oiseaux peuvent se nourrir de ces derniers ou des graines de certaines plantes. Plus le jardin est diversifié, plus la faune l’est aussi.
Qu’elle soit électrique ou à essence, une machine consomme de l’énergie. En utilisant peu ou pas sa tondeuse en mai, on diminue son empreinte carbone.
Et le reste de l’année ?
Une pelouse coupée trop courte se dessèche plus vite et va jaunir à certains endroits. Tondre moins souvent augmente sa résilience face à la sécheresse. Une herbe robuste doit être moins arrosée. On économise de l’eau et du temps, ce qui n’est pas négligeable.
On peut tondre certaines parties du jardin en réglant la lame de la tondeuse le plus haut possible et laisser d’autres zones plus sauvages. Certaines personnes fauchent une fois par an à la fin de l’été et laissent quelques sentiers avec des herbes moins hautes pour se déplacer sur leur terrain en été.
Personne ne dit qu’il ne faut plus tondre du tout. Il faut plutôt revoir la façon dont on gère son jardin.
Un mouvement international
Figurez-vous qu’en faisant quelques recherches, j’ai eu l’agréable surprise d’apprendre que la Belgique n’est pas le seul pays où on met les tondeuses à l’arrêt en mai.
L’opération « No mow may » a été lancée en 2019 en Angleterre par l’association Plantlife. Le Canada a rejoint le mouvement, ainsi que l’Allemagne.
J’ai de nouveau la chance d’avoir un jardin et surtout, la chance qu’on m’autorise à le réensauvager un peu. Quand je suis arrivée dans le quartier, j’ai vu tous ces jardins « maîtrisés ». J’ai pensé : « je suis dans un désert écologique ». Pour preuve, j’ai l’impression que mes voisins confondent « en mai, tonte à l’arrêt » avec « en mai, tondre sans arrêt ».
Le jardin conventionnel, avec sa pelouse impeccable coupée courte, reste une norme sociale bien ancrée. Il n’offre pourtant pas ou peu de place à la nature sauvage. Un jardin plus naturel est un plus pour la biodiversité, et pour nous. Être au contact de la nature est bon pour le moral.
Laisser des zones naturelles dans son jardin, je vois ça comme un geste écocitoyen.
J’ai en projet d’aménager une partie de la pelouse devant la maison en zone plus sauvage, en y faisant pousser des plantes indigènes. Je me dis, peut-être un peu naïvement, que ça peut donner l’envie à certains voisins de laisser un peu plus de place à la biodiversité chez eux. Je suis une éternelle rêveuse idéaliste, vous le savez bien…
Je suis également une personne qui apprécie le calme. Je ne sais pas si une personne qui tond ou utilise des appareils électriques de jardinage plusieurs fois par semaine se rend compte de la pollution sonore que ça engendre. Moins de tondeuses = moins de bruits parasites = bon rapport de voisinage 😁
Les photos qui illustrent cet article ont été prises ce 4 mai. J’ai tondu une fois cette année, début avril. J’ai utilisé une tondeuse manuelle avec la lame réglée le plus haut possible. Je referai une série de photos fin du mois.
Si je dois en choisir une qui montre les effets positifs d’un jardin plus naturel, c’est celle-ci : une femelle Aurore sur une fleur de cardamine.
De votre côté, vous participez également au mouvement ? Vous gérez comment vos espaces verts ?
Photos prises avec mon Canon 6D Mark II et l’objectif EF 70-300mm f/4-5.6L IS USM. Ce sont les fichiers jpg du boîtier, sauf le cliché avec l’Aurore où j’ai développé le raw via Darktable. Photos non libre de droit © Mélanie Deltenre.
